
ART CULINAIRE & ART PLASTIQUE
L’art culinaire et l’art plastique partagent une même attention portée à la matière. L’un comme l’autre engagent un rapport direct au geste, au temps et à la transformation. Farine, légume, fruit, pigment, toile ou support minéral répondent à une logique similaire : une substance brute, traversée par une intention, s’organise pour donner forme à une expérience sensible.
Dans l’art culinaire, la matière se prépare, se découpe, se chauffe, se repose. Elle accepte la contrainte tout en conservant sa nature propre. Dans l’art plastique, la matière se pose, s’étale, se superpose, se laisse parfois résister. Le geste ne vise pas la domination, mais l’accord. La main écoute autant qu’elle agit. La création naît de cette écoute.
La cuisine, comme l’art plastique, mobilise l’ensemble des sens. La vue amorce la rencontre, le toucher affine la compréhension, l’odorat ou la perception de la texture prolongent l’expérience. Rien n’est strictement séparé. Une assiette se contemple avant de se goûter. Une œuvre plastique se perçoit souvent au-delà du regard, par sa présence, son volume, sa densité.
Le temps occupe une place centrale dans ces deux pratiques. Le repos d’une pâte, l’oxydation d’un fruit, le séchage d’une surface ou la superposition des couches inscrivent l’œuvre dans une temporalité non immédiate. Ce temps transforme la matière sans la trahir. Il lui permet de s’exprimer pleinement.
L’art culinaire, à l’image de l’art plastique, ne se limite pas à une finalité utilitaire. Un plat nourrit, une œuvre habite un espace, mais leur portée dépasse cette fonction première. Ils racontent une relation au monde, une culture, une sensibilité. Ils traduisent un regard posé sur le vivant et sur les choses ordinaires, élevées par le geste créatif.
Lorsque l’art culinaire rencontre l’art plastique, une frontière s’efface. Le plat se pense comme composition, la couleur s’éprouve comme saveur, la texture s’affirme comme langage. Il ne s’agit pas de confondre les disciplines, mais de reconnaître leur parenté profonde. Toutes deux explorent la matière comme territoire d’expression, capable de porter une émotion, une pensée, une présence.
Dans cette rencontre, la création s’affranchit des catégories. Elle s’inscrit dans une expérience sensible globale, où regarder, toucher, sentir et goûter participent d’un même mouvement. L’art, qu’il soit culinaire ou plastique, ne se pense plus comme un objet à contempler à distance, mais comme une présence à éprouver, engageant le corps autant que l’esprit, et invitant à une relation attentive, incarnée et pleinement vécue.
La direction Fruitésie.
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MERSEDES MEIN
Mersedes Mein est une artiste basée en Italie et fait partie de la Musarthis Art Gallery en Suisse, partenaire culturel de Fruitésie. Elle exposera aux côtés de Mélodie Blaum et Joe D. le 14 février, à l’occasion de l’exposition inaugurale LE LIEN.
Nous avons choisi de la mettre en lumière en premier afin d’introduire cette traversée artistique et d’ouvrir le regard sur les démarches qui composent cette exposition fondatrice.
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